mardi 17 mai 2016

Léon Cladel (1835-1892)

  • Les Va-nu-Pieds / par Léon Cladel ; [illustrés par MM. Daniel Vierge, Frédéric Regamey, Félix Buhot, Henri Guérard,...].- Paris (61, rue Lafayette) : Richard Lesclide, [ca1876].- 240 p. : ill. ; 28 cm.
    • Exemplaire non relié, en livraisons (30), accompagné du prospectus de 4 p.

[PROSPECTUS]

Les Va-nu-Pieds
PAR
LÉON CLADEL
Illustrés par MM. DANIEL VIERGE, FRÉDÉRIC REGAMEY, FÉLIX BUHOT,
HENRI GUÉRARD, JULES MARTIN,
JEAN LUBIN, JEAN MASSIEU, HANRIOT, ETC., ETC.
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LES VA-NU-PIEDS de LÉON CLADEL sont un des livres qui ont le plus passionné l'opinion publique à leur apparition qui date à peine de deux ans, Leur succès fut tel que l'édition entière s'enleva en quelques semaines, et que ce volume devint immédiatement « une rareté ». Cela était dû au bruit qui se faisait autour de cette œuvre vigoureuse, profondément pensée et magnifiquement écrite.

C'est précisément cet éclat qui rendit la réimpression des Va-nu-Pieds impossible sous le dernier ministère. Les lettres que l'auteur reçut de MM. Victor Hugo, Garibaldi, Quinet, Barodet, de Mahy, Edmond Adam, Lockroy, Naquet, Laurent Pichat, etc., donnèrent une importance singulière aux questions sociales qu'il soulevait, en les revêtant d'une admirable forme artistique qui doit forcément les rendre populaires. Les colères réactionnaires et les applaudissements républicains furent trop- retentissants pour qu'on se hasardât à en publier trop tôt une nouvelle édition. Nous sommes aujourd'hui plus hardis, et nous nous contenterons, pour tout prospectus, de citer quelques passages de journaux de Paris relatifs à cet ouvrage. Voici ce qu'en dit l'organe autorisé de M. Gambetta :
    
.... Avant d'analyser l'œuvre, il importe de peindre l'ouvrier : Léon Cladel voit, saisit le détail des choses et le rend avec un relief saisissant. Aux choses brutes et insensibles, il infiltre la vie et le mouvement....Tous ceux qui ont lu M. Cladel ont rendu justice à la richesse de son style, à l'exubérance de son imagination, à la prodigieuse faculté qu'il possède de saisir le côté pittoresque des choses.... Mais les qualités de style sont le moindre mérite de notre auteur. M. Léon Cladel est un initiateur ; il a créé le vrai roman populaire.... Il aime la démocratie. Toute son originalité est là.... Les Va-nu-Pieds émergent, au milieu des mièvreries dont on nous affadit et des saletés dont on nous écœure, comme une oeuvre virile et rénovatrice. — LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE du 2 janvier 1874.
  
.... Nous recommandons à nos lecteurs un livre d'une énergie farouche, que la presse réactionnaire a violemment attaqué le lendemain de son apparition. — LE RAPPEL du 20 novembre 1873.

.... M. Cladel condense, en des cadres étroits, avec une empoignante originalité, les inspirations d'un tempérament littéraire, puissant et rugueux comme ces chênes dont les inébranlables racines s'enfoncent profondément, pour y puiser une sève généreuse, en plein cœur de notre vieux sol gaulois (Émile Blémont). — LE RAPPEL du 29 novembre 1873.
    
.... Les Va-nu-Pieds, de Léon Cladel, sont peints en pleine pâte, sans ménager la couleur, avec une verve extraordinaire et une fièvre étonnamment soutenue. Ses personnages vivent d'une vie intense, emportés comme dans un tourbillon. Il faut lire ces récits pittoresques, dont les exagérations même sont intéressantes. — LE TEMPS du 10 mai 1874.
    
.... Qu'il me soit permis de signaler un livre vivifiant, réconfortant, d'une vraie âme française, les Va-nu-Pieds, de Léon Cladel. Ce sont des nouvelles dont la sincérité, l'invention hardie, le style ferme, riche, et d'une puissance pour ainsi dire sauvage, rappellent les chefs-d'oeuvre de notre langue. (Banville). — LE NATIONAL du 17 novembre 1873.
    
.... Les Va-nu-Pieds sont une œuvre non moins remarquable au point de vue des qualités littéraires que par la nature même du sujet, un des plus émouvants qu'un auteur puisse trouver. Cette suite de tableaux n'a pas été traitée par l'auteur à un point de vue exclusivement artistique. M. Cladel est homme avant tout et sait compatir aux misères de l'humanité. Dévoué aux grands principes modernes, il croit au progrès politique et social.... Un souffle républicain anime toute son oeuvre et la vivifie
en quelque sorte.... — LE SIÈCLE du 9 novembre 1873.
    
.... Permettez-moi d'attirer votre attention sur un livre qui a l'honneur, en ce moment, de provoquer les colères les plus violentes de la presse réactionnaire. Il s'agit des Va-nu-Pieds de ce fougueux artiste qu'on appelle Léon Cladel. Il y a là une douzaine de nouvelles d'un éclat de style et d'un pittoresque de détails remarquables, qui abordent, sans en avoir l'air, les plus navrants problèmes sociaux. — CORRESPONDANCE LIBÉRALE, 21 novembre 1873.

Il nous serait facile de reproduire ici le texte élogieux de plus de cent journaux radicaux ou libéraux de province, mais on pourrait nous reprocher de ne faire entendre qu'une cloche, et nous allons soumettre au public le jugement plus sévère des feuilles bien pensantes de la capitale :

LE FIGARO du 2 décembre 1873 se contente de citer un des passages les plus dramatiques des Va-nu-Pieds, et convient que ce livre ne manque pas de saveur. C'est une bonne parole échappée sans doute au rédacteur, partisan de l'Ordre Moral, et ses confrères ne sont pas tous aussi aimables, comme on va le voir.

LA GAZETTE DE FRANCE du 27 novembre 1873 se borne à engager le citoyen Cladel à changer d'opinion et à ruiner « bien comme il faut » les libraires qui ont affaire à lui. On voit que cela ne nous fait pas reculer.

LE GAULOIS du 28 novembre 1873 appuie ces conseils pleins d'amertume, en traitant toutefois l'auteur de « robuste esprit qui rend des sons harmonieux au lever du soleil ». — Mais ce sont bouquets de roses à côté de l'appréciation de Paris-Journal, qui déclare que les Va-nu-Pieds sont un livre REPOUSSANT ET MONSTRUEUX, où il y a du talent, par malheur !....    C'est toujours une consolation.


Quant à la PATRIE du 18 novembre 1873, elle déclare le livre « bizarre et mauvais à tous les points de vue, impardonnable et écrit dans un style violent, heurté, et visant à l'énergie.... » Peut-être n'est-ce pas si mal visé, car on a vu qu'aux yeux de la plupart des critiques, l'écrivain a atteint le but.                          
Au reste, la, même PATRIE du 30 mars 1874 publiait une lettre d'un abonné de Lille, à la suite de laquelle ce journal se demandait pourquoi l'auteur vivait libre à Paris, au lieu d'être dirigé sur la Nouvelle-Calédonie.
                        
Cette indication obligeante parut tomber dans l'oubli. M. de Broglie ne s'en émut point ; mais sous M. Buffet, le JOURNAL OFFICIEL du 5 mars 1875 revint sur l’œuvre de Cladel, à l'occasion des conférences du Boulevard des Capucines, où l'auteur lisait des nouvelles rustiques empruntées aux Va-nu-Pieds :                          

« Nous. n'avons pu, dit-il, entendre M. Léon Cladel lire ses paysanneries, mais quelqu'un qui sortait de sa lecture nous dit qu'il avait vu, ce soir-là, des paysans beaux comme des Millet.... Or, ce quelqu'un se connaît en paysages, car lui-même en a peint d'admirables dans ses livres, c'est l'écrivain russe Tourgueneff. »                          

Cette douche calma l'ardeur bonapartiste. On voit, par ce rapide examen, quel vif intérêt s'attache à cette œuvre si violemment attaquée, si vivement défendue. Nous portons de nouveau l'affaire devant le public avec une entière confiance. C'est lui qui jugera en dernier ressort.                          

LES VA-NU-PIEDS seront publiés en Édition populaire illustrée, dans le type de l'édition actuelle du beau livre de Victor Hugo : QUATRE-VINGT-TREIZE.                          

Il paraîtra deux livraisons chaque semaine, le Lundi et le Jeudi. Leur illustration est confiée à d'excellents artistes.
                          
L'ouvrage complet formera trente livraisons au prix de :                          
                         
10 Centimes la Livraison.
50 Centimes la Série de cinq Livraisons.
(La première Livraison paraîtra le 1er Mai.)
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LIBRAIRIE DE L'EAU- FORTE
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